Jean-Yves Monjauze solo

ork 007

Jean-Yves Monjauze
Le syndrome du gisant

1. Le syndrome du gisant [34:16]

Jean-Yves Monjauze : piano .
Enregistré en juin 2004.

Rarement crescendo ne m’aura autant passionné. Ce sont d’abord les entrailles du piano que fouille Jean-Yves Monjauze. Motifs rythmiques, échos étouffés, chocs tissés à même le bois, une obsession s’engage. Belle, déterminée. Au fil des secondes, s’ajustent d’autres figurent, d’autres pliures. Puis, les touches s’organisent. Les doigts font bagarre, s’insurgent d’une géométrie engagée, sportive. A ce moment-là, on ne serait pas étonné de voir des flammes s’échapper de l’instrument. C’est que ça brûle ici ! Voici que surgissent des aigus perçants. Ils s’accrochent et concassent les sons, les anéantissent de stridences démesurées. Il faudra ensuite récolter les morceaux (les recoller serait voué à l’échec le plus total), explorer d’autres géométries. Trouver d’autres forces, d’autres ressources. A 100%, je fais confiance à cet étonnant et décapant Jean-Yves Monjauze. A suivre donc…

Luc Bouquet -Improjazz -Février 2007

 

Voir Jean-Yves Monjauze s’atteler à l’immense instrument qu’est le piano, c’est voir un artisan-ferron prendre à bras le corps son matériau (sonore en l’occurrence) et le modeler avec force ou finesse, suivant comme il réagit, mais toujours avec patience pour mieux l’apprivoiser. Au final nous sommes épuisés, Jean Yves Monjauze s’est servi de toute notre énergie, il nous a utilisés pour la naissance d’une musique charnelle faite du sang et de l’eau de chacun d’entre nous.

Nicolas Durant-festival NPAI 2004

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